Après 'Le couple: sa vie, sa mort' de Jean-Gérard Lemaire, 'Parents toxiques' de Susan Forward et 'Le harcèlement moral' de Marie-France Hirigoyen, voici 'La fatigue émotionnelle et physique des mères' de Violaine Guéritault!
Si constater qu'une bonne partie de ma bibliothèque est remplie de livres aux titres qui font peur (au point que parfois je dois les lire en cachette pour que mes amis ne se mettent pas à s'inquièter pour moi ou à imaginer des choses XD) me fait mourir de rire, les lire a sur moi un effet libérateur et entièrement positif. Je suis remplie de gratitude envers ces professionnels qui ont passé des années à étudier les comportements et les souffrances des gens, à les expliquer et à nous transmettre leur message d'écoute, de réconfort et d'encouragement.
La démarche 'psychologique' (pour la distinguer des autres, notamment de la psychanalyse) a ceci de génial qu'elle agit immédiatement sur le moral de l'individu (en tout cas sur le mien!). Mieux comprendre l'impact d'une situation donnée sur soi et sur les autres, comprendre que des milliers de gens ressentent la même chose dans les mêmes conditions, que ce n'est pas parce qu'on est faible ou incapable qu'on peut souffrir ou avoir du mal à s'en sortir, que ce qu'on ressent est normal et légitime, et qu'on a des moyens pour agir dessus, ça n'a pas de prix. Cela permet aussi de mieux comprendre les autres, pour mieux les soutenir et les aimer. En plus, on ignore à quel point ces livres font relativiser, on en ressort souvent en se disant que finalement, on est bien mieux loti que plein d'autres!
'La fatigue émotionnelle et physique des mères' de Violaine Guéritault vient de rentrer dans mon Panthéon des livres à la fois pour son contenu qui vise à donner des clés aux mères (et à leurs conjoints!) pour mieux comprendre et combattre leur stress, en reconnaissant sa réalité et son intensité, et pour l'exemple que son auteur nous montre. Violaine Guéritault partage avec le lecteur son expérience profesionnelle autant que son expérience personnelle de mère, elle vit ce qu'elle dit, ce qui n'enlève rien à l'expérience unique de chacune, mais étaye les fondements communs du vécu si particulier de la maternité.
Et puis, on y retrouve ces petits bouts de vie, ces ficelles grace auxquelles on tient le coup et on avance. Parce qu'avant d'être en état de résoudre ses problèmes existentiels, on a bien besoin de quelque chose qui nous aide juste à sortir la tête de l'eau: un ami compatissant, un moment de répit ou un de ces livres à titres terrifiants qui nous révèlent la beauté et la difficulté réelle du monde, et qui nous arment pour l'affronter. Pour toutes ces raisons, je pense aussi qu'ils devraient être décrétés d'utilité publique.
Il existe dans certaines langues le terme 'civilisé' qui caractérise une personne ou un comportement qui prend en compte les règles d'économie relationnelle et d'écologie énergétique qui président à la vie en commun. Au-delà des strates archaiques de la personnalité de chacun, régies par des pulsions, il y a chez les gens civilisés un niveau de la personnalité qui régule et qui socialise l'être, et qui le constitue aussi en tant qu'individu conscient de soi et de son environnement.
Eh bien, on croise tous les jours des gens chez qui la socialisation n'a produit qu'une mince couche relationnelle superficielle (vite assouvie dans les fonctions simples de sécurité matérielle, de mise en couple et de reproduction), ou alors qui pensent s'en servir pour arriver à leurs fins pulsionnelles de prise de pouvoir. Dans les pires cas, quand on a affaire à des pervers, ça va très très loin, jusqu'à l'épuisement de la victime qui s'est laissée prendre à ce jeu mortel.
Voilà ce que j'appelle des 'sauvages', et malheureusement on en croise souvent, et dans toutes les strates de la société. L'intelligence, la culture, rien n'y fait, et ils sont d'autant plus nombreux et plus influents que nous vivons dans une société qui a détruit ses repères relationnels et qui favorise (valorise) ce type de comportement.
Il n'y a qu'une façon de s'en protéger: les éviter. Comment les reconnaître? Pour ceux pour qui cela veut dire quelque chose, le repérage est énergétique: on voit vite qui nous fait du bien et qui nous pompe l'air. Qui nous porte et qui nous enfonce, qui nous pousse et nous ouvre de nouveaux horizons, et qui nous met des croche-pattes. Qui nous rend plus forts, plus heureux, plus en paix, et qui nous rabaisse et nous fait douter de nous, nous fragilise.
Le bon sens nous dirait de fuir les sauvages en courant, et pourtant on hésite longuement. Croyez-moi, j'ai bien réfléchi, beaucoup essayé, il n'y a pas d'autre solution.
Apres l'épaisseur du temps, voici l'étrangeté de l'espace! Comment cela se fait-il qu'on éprouve plus de liberté à vivre dans un pays étranger, ou qu'on se rapproche de soi en voyageant plutôt que dans le cocon douillet de sa famille et de ses habitudes? Quelle 'magie' fige l'être profond dans son lieu de naissance? Pourquoi 'nul n'est prophète en son pays'?
Je commence à me demander si de la même façon que le temps n'est pas linéaire, l'espace n'aurait pas des vertus de profondeur et de complexité insoupçonnées. Qu'est-ce qui fait qu'on est plus ou moins à l'aise avec soi, ne serais-ce qu'en changeant de ville? Pourqui refléchissons-nous mieux en marchant? Quelle synestésie particulière met en marche notre cerveau et nos émotions en même temps que notre corps? Comment le simple fait de 'libérer' le corps de ses habitudes, libère l'esprit, malgré la perte de confort, de routines?
Le point de vue, l'horizon, la perspective, la hauteur, la distance, la profondeur, autant de mots qui s'appliquent aussi bien au monde de l'esprit qu'à celui de la nature. Encore plus étrange, pourquoi donc la perception de l'espace aurait-elle plus d'influence sur notre pensée et nos sentiments (en tout cas pourquoi influerait-elle plus sur notre représentation) que la perception du temps? Est-ce le côté 'matériel' de l'espace qui y contribue? Serions-nous plus doués pour ressentir l'espace que le temps?
Toutes ces questions bien philosophiques étant vieilles comme le monde, il ne me reste plus qu'à essayer d'y trouver ma propre réponse, sur mon chemin (qui ferait bien de passer par une bibliothèque, je vous le concède XD)!
Je partage avec certains de mes amis la mauvaise habitude de me regarder faire, qui est l'un des plus puissants freins à l'action et à la créativité en général, y compris et peut-être surtout à la créativité d'être. Pour être, et pour faire, en tout cas pour être et pour faire à sa façon la plus profonde et la plus personnelle, donc la plus originale, créatrice, il faut aboutir à 's'oublier' dans l'action, à arrêter la petite caméra intérieure qui passe son temps à analyser en temps réel nos moindres faits et gestes.
Ceci dit, la caméra intérieure n'existe que chez certains, une bonne partie de la population n'ayant aucun retour sur soi. J'en connais qui envient ce type de caractère parce que le manque de recul des grands extravertis leur vaut une grande confiance en eux-mêmes. Malheureusement, quand on ne se perçoit pas (du tout) tel qu'on peut être vu de l'extérieur, on ignore aussi sa complexité interne, et ça c'est bien dommage.
Bref, pour revenir à nos moutons, pour avancer il faut parfois se diriger uniquement au feeling, et se lancer dans les actions (créatives, s'entend) en faisant confiance à ce 'quelque chose' qui nous a poussé à agir au départ. La logique interne s'inscrit dans l'acte créatif, et je vous le donne en mille, le résultat est beaucoup plus cohérent qu'on ne l'aurait pensé.
Depuis quelques semaines déjà je réfléchis à la non-linéarité du temps, qui m'est apparue en relation au système de 'cases à cocher' de (beaucoup de) mes contemporains. Je sais, il y a des moyens plus glorieux d'arriver à la même conclusion, mais je fais avec les moyens du bord :).
Pour en revenir au modèle de la 'checklist', il sous-entend qu'on peut mélanger des choses qui se trouvent sur des plans différents et qui ont leur propre temporalité (intellect, instinct, sentiment) sur le même 'plan', et les faire se suivre dans un ordre précis, canonique (études, carrière, mariage, enfants, ...). Celui qui y arrive gagne l'admiration générale, et sert d'exemple. Eh bien, de la même façon que le mariage n'arrête pas la vie (comprendre l'évolution de chaque époux, le jeu du désir, de la réassurance, qui à l'occasion implique des tiers ...), établir une roadmap idéale de sa vie avec des étapes immuables me semble complètement iréel, comme si on essayait de fixer l'eau de la rivière avec un petit moule en plastique.
Et si c'était ce besoin de 'perfection' et de maîtrise formelle (et surtout rationelle) qui nous rend si vulnérables, qui nous coince hors du temps réel de la vie? En fait, l'expérience des uns et des autres nous apprend chaque jour la richesse (et la brutalité) de l'existence, mais on l'ignore aveuglément en croisant les doigts que 'cela' - l'écart, la surprise, l'échec, la douleur, la remise en question - ne nous arrive pas à nous. Mais c'est bien cela la vie, faire face aux aléas, prendre des risques et vivre nos désirs avec nos pleines capacités de l'instant.
Evidemment, il y en a pour qui ça marche comme ça, les chanceux, ou les ignorants d'eux-mêmes au point de penser que c'est ça, la vie, cocher des cases et mourir content de soi. Mais pour les autres, ceux qui sont à côté de leurs pompes, ceux qui cachent leur malheur à coup de déni, ceux qui se drapent dans le cynisme ou la foi, il ne leur reste qu'à prendre leur bâton de pélerin et à chercher leur voie unique, 'le chemin qui a du coeur', et qui descendra profondément dans leur histoire avant de remonter vers la lumière. Sur ce long chemin, avec un peu de chance, chacun retrouve son guide: son étoile, sa musique intérieure ou son rai de soleil ...
Il y a des jours où l'on ressent nettement que les choses sont en train de changer, qu'on arrive à un point de rupture, qu'il y aura un avant et un après. Vous avez certainement déjà ressenti cette impression face à une grosse décision ou un examen de la vie, qui peut prendre la forme d'un examen réel ou juste dans la tête (j'irai parler à Machin, je ne me laisserai plus faire, j'enverrai mon CV...).
La rencontre avec le destin peut se vivre sur le mode guerrier (concours, compétition, volonté de se surpasser ...) ou passer inaperçue dans le flot des choses immensément petites charriées par le temps au cours d'une journée au gré des coincidences, ou encore surgir par hasard, lumineusement. Mais que faire quand on arrive au point de rupture plutôt comme l'urne se remplit de 'voix', ou comme l'outre se remplit d'eau ou plutôt comme on fait un tas de cailloux en ramassant les cailloux un à un. Lequel des cailloux permet de franchir le pas, de sortir de son trou?
Comme dit quelqu'un que j'aime beaucoup, les miracles, ça se prépare. Allez savoir qui crée l'occasion, la rencontre, la vision: la synchronicité, en somme. Est-ce bien soi (sa perception) ou les autres, le Destin ou Dieu? Et si finalement le kairos était autant affaire d'attente (active, attentive, riche) que d'action? Peut-être qu'on va à la rencontre du destin, autant qu'il vient à nous?
Sous ce titre improbable vous allez trouver un petit (à voir) post sur la santé mentale des femmes et la distribution des tâches au sein du foyer. Eh oui, la trêve a été brève, me revoilà sur mes chevaux de bataille :).
Il existe plusieurs études qui mettent en relation les symptomes de dépression et d'anxiété des femmes avec la 'tâche mentale' et les tensions dûes aux rôles qu'elles endossent entre travail, conjoint et enfants. Tout ceci étant quantifié en temps, bien entendu: temps passé à penser à ce qu'il faut faire (au bureau, à la maison, pour les enfants, les parents, les amis, les animaux, la planète, etc), temps passé à faire ce qu'il faut faire, temps passé à négocier avec l'autre ce qu'il doit faire, lui. Parce que lui, l'homme, est beaucoup moins enclin à s'occuper de tout ça, généralement. Lui, il travaille, il réfléchit, il crée, il s'occupe de son équilibre intérieur (y compris en buvant de la bière avec les copains en regardant le foot) et ça le prend entièrement. Heureusement nous on n'a pas besoin de réfléchir ou de créer (à part au service de notre boss, de notre famille ou de nos enfants, c'est toujours pour les autres si possible), ni de nous occuper de nous-mêmes (à part pour faire du shopping ou des soins de beauté, décérébrées que nous sommes sur notre temps 'libre', d'ailleurs il vaut mieux, ça ne met pas les hommes en danger et ça peut aider à supporter le reste).*
Et ainsi va le monde, en parfait équilibre, me dit-on. Je ne vais pas changer tout ça. Eh bien, pourquoi pas.
J'ai de très bonnes raisons de penser qu'une femme tiraillée entre boulot, enfants et conjoint a de bonnes chances de perdre le nord, de s'oublier elle-même, d'être trop fatiguée pour prendre les (vraies) bonnes décisions pour elle-même et ses enfants. Et là, il ne s'agit pas d'être une guerrière ou une chienne de garde, il s'agit d'être gentil avec soi, de prendre soin de soi et de ceux qui sont plus faibles que soi. Il me semble que c'est une cause qui mérite de se battre, ou au moins de débattre.
Or il paraît que les femmes sont volontaires (tenez-vous bien) pour passer plus de temps à faire le ménage ou s'occuper des enfants, même quand elles travaillent à égalité avec les hommes! Parce que sinon, elles éprouvent des sentiments de culpabilité, ou de honte à gagner moins ... C'est à croire qu'on nous a jeté un sort!
Il se trouve que nous vivons des temps étranges où les repères anciens entre les rôles des hommes et des femmes sont brouillés. Rappel des basiques : à quoi servaient les hommes au départ? A nous faire des enfants, à ramener la nourriture, à trouver ou construire des abris et à nous défendre contre les agresseurs. Pourquoi? Parce qu'ils sont faits comme ça et qu'ils sont plus forts physiquement. Et nous, en échange, à quoi on servait, à la base? A les motiver - il faut bien qu'ils aient un peu envie de nous faire ces enfants :) -, à préparer la nourriture, à s'occuper du foyer et des enfants puisque dehors il y avait encore des mammouths, de la neige et les sauvages de la tribu d'en face. Accessoirement, on ne mouftait pas parce que les hommes étaient plus forts que nous (et ils en ont bien profité).
Je ne sais pas si vous avez remarqué les changements ... Il ne neige plus, il n'y a plus de mammouths, et les sauvages d'en face, globalement on a compris comment il fallait faire pour les éviter. On arrive à gagner toutes seules notre nourriture et notre abri, mais on continue à ne pas s'appartenir, à vivre au service des autres. En résumé, on fait encore semblant de faire perdurer le système, par peur de perdre nos attraits. Et comme nous avons toujours besoin des hommes pour faire des enfants et créer cette cellule familiale qui est à la base de notre société nous dit-on (et surtout dans la petite maison dans la prairie dans nos têtes), nous voilà coincées. Je ne vois pas d'autre solution que de mettre les hommes devant leurs responsabilités: après tout, eux aussi ont besoin de se reproduire, besoin de tendresse, de soutien, etc.
Nous avons besoin d'équilibre, c'est certain, mais pas forcément du même équilibre que du temps des cavernes, ou même celui qui 'marchait' encore (mais à quel prix!) il y a 50 ans. Hommes et femmes, nous sommes conditionnés par notre éducation et l'héritage de milliers d'années d'évolution, qui nous ont façonnés de façon si profonde qu'il n'est pas dans notre pouvoir de tout changer. Mais dans la mesure où les hommes d'aujourd'hui nous veulent autonomes, et pas trop bêtes, il va bien falloir qu'ils s'y mettent, eux aussi, non?
Voilà, les négociations sont ouvertes :).
*Le comble c'est qu'en fin de compte on fait des livres sur l'hystérisation de la société de l'image (parce que les femmes prennent le pouvoir, nous explique-t-on), et la perte de repères de la virilité, non mais le monde marche sur la tête. Laissez (vraiment) vivre les femmes, on y verra plus clair.
Comme je n'ai pas arrêté de râler de la semaine (blog ou hors blog, même combat, c'est le cas de le dire), me voilà partie pour faire ma BA et me réconcilier avec l'humanité. Je crois que ce qui me fait le plus peur c'est qu'on me colle des petits noms du style 'passionnaria': de grâce, tout mais pas ça, je ne veux pas retourner dans une boîte avec une étiquette dessus, ça ressemble trop à une tombe. Et le romantisme, à part une visite au Père Lachaise le dimanche, vous l'aurez compris, c'est pas trop mon truc :).
Mais halte-là, on avait dit qu'on était gentille ce soir, cocotte.
Enfin bref, j'ai cherché toute la journée mes raisons du jour d'être heureuse, et j'ai trouvé:
- le ciel bleu à travers le lilas de la maison dans la rue où je passe pour aller au travail, un lilas blanc qu'on devine plus qu'on ne voit, et qui est le premier signe du vrai printemps dans ma science (personnelle) des saisons;
- le rayon de soleil pas prévu, timide, têtu et hésitant qui vous accueille à la sortie du bureau pour votre pause déj, comme un ado amoureux;
- le livre qui semblait mal parti qui finit par tourner bien, c'est pour moi un grand bonheur;
- passer un bon moment avec mes collègues, rigoler un bon coup, partager les joies simples de la première tisane du matin, avec la bouilloire qui prend son temps pour chauffer;
- être contente de bien travailler;
- se motiver pour aller au ciné, tellement le programme télé du soir ne donne pas envie ...
- penser à mes amis et à ma famille, les encourager dans leurs projets, espérer qu'ils vont bien, leur dire que je suis là si ça va pas (aussi).
Voilà, voilà, là-dessus je vais continuer ma méditation du bonheur sur le chemin du week-end :) ...
[largement inspiré du et par le livre de Lois P. Frankel 'Ces gentilles filles qui sabotent leur carrière']
Comme je passe mon temps à me rappeler (et à expliquer à mes copines) que le monde du travail est un univers impitoyable :), et que si on peut y trouver amis, mentors, épanouissement, on y trouve plus souvent panier de crabes et loi de la jungle, il était grand temps que je m'attelle à casser les pattes à un autre mythe féminin : non, ce n'est pas en étant de gentilles filles parfaites aux pays des bisounours qu'on arrivera à se faire entendre, les girls!
Le problème de ce 'mythe' est qu'il repose sur une très bonne base, celle de notre parfaite éducation. Eh oui, celle qui nous fait penser qu'être gentilles, discrètes et au services des autres nous sauvera. La même (hum) qui nous fait encore attendre le prince charmant qui nous mettra la corde au cou, nous fera des enfants et s'étalera en pantoufles devant la télé :). Mais quel soulagement, il est là et nous ferons tout pour le garder. De toute façon, on n'osera jamais vraiment se rebiffer, on a bien trop peur, c'est mieux de garder le statu quo, on ne sait jamais quelle catastrophe ça pourrait déclencher (c'est encore de la provoc', c'est quand même les femmes qui demandent majoritairement le divorce en France!). Et puis, on n'est pas en position de force, ce sont les hommes qui ont plus de choix, et puis au bureau c'est pareil, les gens s'en foutent, nous sommes bien trop faibles et insignifiantes. Et puis enfin personne n'aime les 'garces': l'agressivité des femmes est un gros tabou, surtout au travail (l'aviez-vous déjà remarqué?). On se demande bien qui ça arrange ...
Il faut se réveiller, les filles! De quel droit et qui a décidé qu'on était faibles et bonnes à rien? C'est une loi qui serait passée au Journal Officiel sans nous prévenir? Allez, d'accord, il ne s'agit pas du même pouvoir au bureau, dans la rue et à la maison, mais nous savons au fond de nous qu'une position basée entièrement sur nos dépendances, nos peurs et notre gentillesse n'est pas tenable. Tous simplement parce que ce n'est pas juste envers nous-mêmes: nous avons tant d'autres choses à offrir, et là il ne faut jamais se laisser persuader du contraire, sinon c'est le début de la fin.
Pour celles qui ont l'impression que les autres sont juste indifférents à leur sort, je leur demanderais de regarder 'à qui profite le crime'. Souvent on s'aperçoit que les choses ne sont pas si neutres qu'elles en ont l'air. Certaines personnes sont très douées pour écraser les autres l'air de rien, d'autres se disent 'une de moins qui risquerait de me faire de l'ombre ...'. Sans oublier ceux qui, souffrant autant que vous, prennent un secret plaisir à vous voir massacrer (comme ça ils doivent se sentir moins seuls et minables). Là, on touche le fond.
Mais pour sortir de ça, il faut accepter l'idée que certains 'autres' sont plus 'intelligents' que nous (pour une fois) pour une seule chose: ils ont bien pigé, eux, que la vie au bureau n'est qu'un jeu, un système d'influence qui n'est basé sur le travail à proprement parler qu'en partie uniquement. A partir de cette douloureuse prise de conscience, il ne reste qu'une chose à faire, apprendre à décrypter le jeu, ne plus se laisser embobiner et apprendre à en tirer le meilleur parti. Parce que ça, les filles, c'est pas personnel, c'est le business. Vous pouvez très bien y arriver avec vos valeurs (eh, je ne dis pas non plus qu'il n'y a pas de respect, de justice, d'humanité etc), et trouver des alliés avec qui vous pouvez coopérer, mais il ne faut pas se leurrer sur le débat. Là, c'est 'les autres' ou vous, et je ne plaisante pas du tout.
Enfin, il ne faut pas oublier que tout dépend de votre objectif: bureau de big boss, retour à la maison à 18h, pause dej de 2h30, ambiance super cool, appartenance à une boîte qui fait rêver, sécurité de l'emploi, projets passionnants ou gros salaire. Il faut faire son choix et mettre en place en toute conscience les arrangements qui s'imposent, en fonction des possibilités réelles (et non imaginaires, fantasmées) de votre environnement de travail. Je parle bien entendu pour celles qui ont le choix, malheureusement. Mais on vient de voir que pour se laisser démonter, on est aussi douées à bac -2 qu'à bac + 18, à tout âge et en toute circonstance.
Alors, pensez-y, défendez-vous, mettez des limites, redressez la barre, faites-vous entendre! Sans larmes, sans crises de nerfs, utilisez cette colère et cette frustration pour réfléchir à ce qui ne va pas dans la façon dont vous travaillez, à vos besoins, à ce qui ne va pas pour vous, à ce que vous voulez vraiment accomplir. Et surtout, ne retournez pas cette violence contre vous-mêmes. Il y en a assez autour de nous comme ça. Et quand vous avez des doutes, regardez cette business woman dans son bureau près de la fenêtre au bout du couloir, celle que vous trouvez trop sûre d'elle, et qui vous assomme avec ses voyages à Londres et New York et ses séminaires stratégiques, ou n'importe quelle autre femme qui vous agace et/ou que vous admirez secrètement, et dites-vous que la seule différence entre elle et vous, ce qui fait qu'elle arrive à avoir ce qu'elle veut, c'est son pouvoir personnel. Et là, c'est comme dans Amour, Gloire et Beauté: il faut en hériter, sinon 'faut le gagneeeeer :) ...
Personne ne dit qu'il faut y arriver d'un coup. L'essentiel c'est de s'y mettre et d'y travailler, accepter l'idée que ce ne soit pas possible tout de suite, pas là, qu'il faille se battre et qu'il faille changer. Fini, la petite fille qui opine du chef à tout et n'importe quoi, place à une vraie femme qui ne demande qu'à faire ses preuves. Un autre secret: demandez à vos pères, vos frères ou vos copains, c'est ce qu'ils font, eux, alors pourquoi pas nous :)? ...
Ben oui, quoi, je peux :). Autant - par souci du réel - je comprends l'utilité du concept en politique, en économie, en histoire, en anthropologie, en psychologie, etc, je ne vois absolument pas l'intérêt d'en faire un moyen systématique d'opposition au niveau personnel.
Encore une fois, je vais m'attaquer à l'un de ces saints mythes fondateurs, attention les yeux :)! Et comme je connais le bénéfice qu'on tire à se définir comme étant d'un bord ou d'un autre, de se regrouper avec ses semblables pour casser du sucre sur le dos du camp d'en face, à s'imaginer qu'on existe à travers les valeurs spécifiques de son clan etc, je prends la liberté de penser que tout ça, c'est super, mais au fond n'a pas grand intérêt. Bien entendu, c'est de la provoc' :)!
L'idée c'est que tant qu'on se balade avec son identité (riche, pauvre, upper class, middle class, de droite, de gauche, etc ...) en bandoulière, on se ferme d'une certaine façon à soi et aux autres. J'ai mis du temps à le comprendre, alors j'y tiens :). On voit tous les jours des gens qui ont réussi qui ont honte de leur argent, parce qu'ils viennent de familles modestes, de pères et de mères qui tout en militant à gauche, ont tout fait pour pousser leurs rejetons sur l'échelle sociale ... pour devenir des salauds de riches, des capitalistes, des puissants, des bourgeois quoi :)! On en voit d'autres qui ont du mal à assumer qu'ils viennent de la bonne vieille droite, dont le (seul?) génie est de faire fructifier l'argent, le pouvoir et de pérenniser un certain art de vivre, pour le confort et pour faire rêver les pauvres ...
Tout ça pour dire que je suis en train de lire en ce moment un livre qui a eu beaucoup de succès (oui, je sais, toujours en retard :), mais c'est bien là mon moindre snobisme), et qui parle précisément des apparences et des préjugés de classe. Je trouve ça fin, touchant, et pour l'instant, très ennuyeux. Je vais peut-être changer d'avis avant la fin, ça peut arriver. Mais en attendant, j'aurais bien aimé que ce thème soit moins lourd. Et si, par un accès d'humanité, ces deux mondes, ou au moins une partie de ces deux mondes, disons des représentants, des messagers, trouvaient un moyen de communiquer? J'ose espérer donc que c'est la bonne surprise du livre et que le début est volontairement caricatural.
Voilà, j'aime pas la lutte des classes, mais la bonne nouvelle, c'est qu'avec un peu de chance, on n'est pas obligés de s'y coller :)!
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